Un véritable black-out de l'information règne au Tibet, où quelques
rares observateurs occidentaux ont été autorisés à se rendre au cours des dernières années. Le Tibetan Information Network (TIN, indépendant), basé à Londres, est l'organisme d'information le plus fiable sur le Tibet. Son directeur est Robert Barnett. Entretien.
Les nouvelles mesures répressives mises en place par la Chine au Tibet semblent, pour la première fois depuis quinze ans, porter atteinte directement à la liberté du culte.
Lorsque le dalaï-lama s'est vu attribuer le prix Nobel de la paix (1989), certaines prières associées à sa personne furent interdites. Mais Pékin cherchait surtout à faire passer un message politique. Il s'agit aujourd'hui d'une attaque tous azimuts sur l'ensemble de la société. Les restaurants, les boutiques et les hôtels de Lhassa se sont vu interdire de placarder les photos du dalaï-lama le 24 avril, et maintenant c'est le tour des monastères et des écoles, et sans doute déjà des lieux privés. Les cadres tibétains ont interdiction de posséder tout objet de culte, quel qu'il soit.
Quel objectif poursuivent les autorités chinoises?
Elles tentent de créer un bouddhisme où le dalaï-lama ne jouerait plus aucun rôle. Historiquement, ce n'est pas impossible à réaliser. Certaines écoles de bouddhisme n'accordent pas une place très importante au dalaï-lama et Pékin tente d'encourager ces factions religieuses. Les autorités chinoises ont arrêté un plan d'action en juillet 1994. Il consiste à




