Le gouvernement militaire birman a adopté vendredi plusieurs mesures
pour museler les militants de l'opposition, qui se voient menacer de lourdes peines d'emprisonnement. Ces nouvelles décisions de la junte, annoncées par les médias, visent la leader de l'opposition, le prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi, et son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (LND).
Un décret, rendu public vendredi par le gouvernement de Rangoon, menace de peines allant jusqu'à vingt ans de prison toute personne qui «s'opposerait au processus de rédaction de la nouvelle constitution nationale». La rédaction de la nouvelle constitution a été confiée par le pouvoir, il y a trois ans déjà, à une «convention nationale» composée de délégués, triés sur le volet. Le décret interdit en outre à quiconque, en nom propre ou au nom d'une organisation, de critiquer et de troubler les politiques mises en oeuvre par le Conseil de restauration de la loi et de l'ordre (Slorc, sigle désignant la junte au pouvoir). Il prohibe toute action pouvant affecter «la paix, la stabilité et la solidarité de la nation». Il interdit aussi tout ce qui pourrait «créer des malentendus» au sujet de la «convention nationale».
Le projet constitutionnel auquel s'attelle la «convention nationale» désignée par les militaires vise à octroyer à la junte la plupart des pouvoirs, tout en amnistiant les responsables de la répression sanglante du mouvement étudiant de 1988. Ce à quoi s'oppose la LND, vainqueur des élections de 1990. Ce




