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Enquête

j-6. Une semaine dans les transformations de la Russie postcommuniste, avant le scrutin du 16 juin. Demain, les anciens kolkhoziens reconvertis.Le désenchantement des privatisations russes. Des actions valant des clous, des salariés qui veulent un retour à l'Etat... La question domine la campagne.

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Publié le 10/06/1996 à 7h08

Moscou, envoyée spéciale

L'ouvrière abandonne un instant sa vieille machine à coudre . Le temps de lever des yeux goguenards. «Depuis cinq ans, nous avons compris ce que signifie l'éthique des affaires dans le monde capitaliste», grogne en passant à côté d'elle Vladimir Gourov. Le directeur de l'usine Bolchevitchka (la femme bolchevique) fait visiter les ateliers du Bidermann russe, leader sur son marché avec 300.000 costumes pour homme produits par an. En plein Moscou, le bâtiment trapu porte toujours les armoiries de son passé prolétaire. Mais son destin a brusquement changé d'orientation en novembre 1993.

L'Etat a cédé ses parts. Les mille salariés de l'entreprise, ainsi que quelques centaines de moscovites, ont reçu 51% du capital. Et le groupe textile anglais Illingworth Morris s'est porté acquéreur du reste, moyennant la modique somme de 5 millions de dollars (25 millions de francs). Au début, tout allait bien. Mais très vite les relations entre les nouveaux actionnaires se sont dégradées. «L'Anglais veut prendre le contrôle entier de l'usine. Il a commandité un audit auquel je n'ai même pas eu accès», se plaint le directeur russe, en poste depuis 1987. Les tribunaux se sont saisis du problème et ont décidé, le 26 avril 1996, d'annuler la privatisation de Bolchevitchka...

Valse-hésitation. Dans le contexte électoral actuel, l'affaire a fait du bruit. La privatisation de l'économie, entamée en 1992, est devenue un enjeu majeur dans les débats. Le candidat communiste Guenna

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