Cinquante-cinq millions d'électeurs doivent voter aujourd'hui au
Bangladesh pour la deuxième fois en l'espace de quatre mois. Remportées par le parti au pouvoir, le National Party (BNP) de la bégum Khaleda Zia, les précédentes élections générales du 15 février avaient été boycottées par la Ligue Awami, le grand parti d'opposition dirigé par Hasina Wajed. Ces deux dirigeantes politiques, qui allièrent leurs forces pour renverser la dictature du général Mohammed Ershad en 1990, se disputent le pouvoir depuis avec une acrimonie sans pareille. Baptisées respectivement «la veuve» et l'«orpheline» par les 120 millions de Bangladais, toutes les deux s'affichent détentrices d'un testament historique remontant aux sources de l'indépendance du Bangladesh, en 1971. Khaleda Zia fut l'épouse de l'ancien président Ziaur Rahman, assassiné le 30 mai 1981. Hasina Wajed est la fille d'un autre ancien président et fondateur de l'Etat, Cheik Mujibur Rahman, assassiné en 1975.
Hasina Wajed, qui menait depuis deux ans une campagne sans répit, à coup de «hartal» (grèves générales) à répétition, pour obtenir le départ de sa rivale, n'a pas hésité à paralyser le pays pendant deux mois après les élections de février. Elle a fini par contraindre la bégum Zia à démissionner à la fin mars et à céder la place à un gouvernement intérimaire chargé d'organiser un nouveau scrutin. Celui-ci se déroulera aujourd'hui avec la présence de 200 observateurs internationaux, dont une centaine d'Européens, et d'un impo




