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Libération
Enquête

Le Japon se cherche une capitale

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Une ville nouvelle pourrait remplacer Tokyo, trop exposé à l'activité sismique.

ParFrédérique AMAOUA
Tokyo, de notre correspondante
Publié le 13/06/1996 à 6h59, mis à jour le 13/06/1996 à 6h59

Et si Tokyo n'était plus la capitale du Japon? Qualifié d'extravagant il y a encore quelques années, le projet de déplacer la capitale est aujourd'hui pris très au sérieux par l'ensemble de la classe politique nippone. Selon un sondage réalisé par le quotidien Nihon Keizai, les trois quarts des Japonais seraient favorables à cette idée, qui surgit régulièrement dans les débats publics mais a toujours été écartée jusqu'ici, faute de consensus.

Le tremblement de terre de Kobe en janvier 1995 (plus de 5.000 morts) a tragiquement remis le projet à l'ordre du jour. Tokyo, qui concentre un quart de la population de l'archipel, est construite à proximité immédiate de l'une des zones à plus haut risque sismique de la planète. Et les 30 millions d'habitants que compte l'agglomération vivent dans l'angoisse d'une répétition du grand séisme de 1923 qui détruisit la ville et fit 140.000 morts. A la demande pressante du gouvernement, une commission pour la délocalisation de la capitale a remis en décembre un rapport qui, pour la première fois, fixe les principaux critères du nouveau site: la future capitale devra être située dans un rayon de 60 à 300 kilomètres du centre de Tokyo, dans un zone relativement peu habitée, à moins de quarante minutes d'un aéroport international. Au moins 9.000 hectares doivent être disponibles pour la construction. Enfin, la région choisie devra être riche en eau (un des problèmes majeurs de Tokyo) et, bien sûr, située sur une zone où les risques de séisme m

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