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Libération
Reportage

«J'ai vu tomber un morceau de toit devant l'hôtel»A Manchester, où la surveillance a été renforcée pour l'Euro, l'explosion a provoqué des scènes de panique.

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Publié le 17/06/1996 à 6h47

Manchester, envoyé spécial

Le petit Italien aux cheveux blancs n'est pas un touriste comme les autres. Il vient de déposer ses bagages au Holiday Inn du centre de Manchester et s'apprête à sortir. Marcello Lippi n'est pas là uniquement pour se promener: c'est aussi l'entraîneur de l'équipe championne d'Italie, la Juventus de Turin, et il profite de ce mois de juin consacré au foot européen pour superviser ses hommes et ses recrues de la saison prochaine, comme le Français Zinedine Zidane. «J'ai entendu un bruit énorme et j'ai vu tomber un morceau de toit devant l'hôtel, j'ai eu comme la sensation d'avoir côtoyé la mort de près, et je crois que ce n'est pas exagérer que de dire cela.»

Il est un peu plus de 11 heures et une bombe vient de dévaster le centre de Manchester. A l'angle de Saint Mary's Gate et de Corporation Street, une camionnette piégée a explosé, soufflant une passerelle reliant l'Arndale Shopping Centre et le magasin Mark's & Spencer, projetant verre brisé et souffle destructeur sur des centaines de passants. Scène de panique, sang à la une, gros titres des tabloïds mancuniens qui sortent rapidement édition spéciale sur édition spéciale: l'attentat, non encore revendiqué, a fait plus de 200 victimes, dont certaines sont grièvement blessées. Quelques minutes plus tôt, à 11 heures exactement, un appel anonyme à une station télé locale avait prévenu qu'un engin avait été déposé en ville. Aussitôt, les unités de police spécialisées dans le déminage sont intervenues,

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