Pour la première fois, Amnesty international met directement en
cause les pays qui violent les droits de l'homme «par procuration», ceux qui comme la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, la Chine, la Russie ou les Etats-Unis, nommément désignés dans le rapport, font primer intérêts commerciaux et stratégies politiques sur le principe d'universalité des droits de l'homme. Pour Pierre Sané, secrétaire général de l'organisation basée à Londres, «le combat pour les droits de l'homme ne s'arrête aux frontières nationales. C'est un combat qui ne peut être que global, où toutes les responsabilités doivent être identifiées.»
Jacques Chirac déclarait récemment que si les droits de l'homme sont universels, leur applicabilité est soumise à des facteurs culturels ou socio-économiques. N'y-a-t'il pas un danger à ce qu'un pays comme la France s'engage dans ce genre de débat?
Oui, effectivement. Les politiciens ont l'art de dire tout et n'importe quoi. Cette déclaration s'adressait au gouvernement chinois. Celui-ci a, lors de la Conférence des droits de l'homme à Vienne en 1993, réaffirmé son attachement aux principes universels de la Déclaration des droits de l'homme, mais précisé que l'application de ces principes était de sa responsabilité exclusive. Vous avez là une acceptation du principe de souveraineté, mais un refus des obligations internationales du gouvernement chinois vis-à-vis du reste de la communauté. Il est de la responsabilité des autres gouvernements de le rappeler à l'or




