La vache folle pourrait sortir de son bourbier. Après avoir
multiplié les discours de fermeté et d'intransigeance, Londres a enfin accepté, hier, de sacrifier des milliers de bêtes supplémentaires au nom de la santé publique. Plus étonnant encore: le Premier ministre britannique John Major, faisant fi des eurosceptiques de tous bords, n'a pas hésité à distribuer plusieurs bons points à la Commission, tandis que son chef de la diplomatie Malcolm Rifkind saluait assez chaudement le programme-cadre de levée progressive de l'embargo, adopté dans la nuit de mardi par l'exécutif européen. Le sommet de Florence que tous croyaient condamné à manger pendant deux jours du boeuf enragé, a donc des chances de s'ouvrir demain dans un climat un peu moins pourri que prévu. Voire de marquer la fin de la politique d'obstruction du Royaume Uni.
Le premier signe concret de décrispation est venu hier du énième Comité vétérinaire permanent des Quinze réuni à Bruxelles sur le plan d'éradication de l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Alors que Londres excluait encore la veille tout infléchissement de sa position, le vétérinaire britannique a accepté, à la surprise générale, de durcir le plan d'abattage présenté par le Royaume-Uni. Outre l'élimination en quatre ans des animaux de plus de 30 mois, celui-ci prévoyait initialement l'abattage sélectif obligatoire des bovins nés entre octobre 1990 et juin 1993 dans les troupeaux contaminés. Conformément aux voeux de la Commission et de la plupart




