Aung San Suu Kyi, la secrétaire générale de la Ligue pour la démocratie (LND), vit toujours dans la maison familiale qui lui a servi de prison pendant six ans. Le rez-de-chaussée de sa maison, d'architecture coloniale, a été transformé en quartier général de la LND, mais depuis la fin de son assignation à résidence, le prix Nobel de la paix (1991) ne dispose toujours que d'une liberté de mouvement très relative. Elle ne sort que très rarement de son domicile, où tout visiteur doit émarger à l'entrée sur un cahier tenu par des agents du Conseil de restauration de la loi et de l'ordre (Slorc, nom officiel de la junte au pouvoir).
Pourquoi le Slorc a-t-il tenté d'empêcher le congrès de votre parti le mois dernier, en arrêtant la majorité des députés qui devait s'y rendre?
Tout ce que nous faisons rend les militaires nerveux, mais cela ne nous empêche pas de faire progresser les choses.
La situation ne semble pourtant pas tellement avoir évolué. La junte a jusqu'alors toujours eu le dernier mot.
Nous avons remporté un succès par le simple fait que les militaires ont essayé d'empêcher notre congrès et que nous sommes malgré tout parvenus à le tenir. Pour ainsi dire grâce au Slorc, il s'est transformé en événement international. Nous avons gagné à notre cause le soutien des gens qui ont démontré qu'ils ne pouvaient pas être intimidités par le Slorc, qui fait tout pour les effrayer.
Beaucoup de pays, même le Japon et la Thaïlande, habituellement




