Décidément, personne en Russie ne semble plus faire grand cas du
second tour de la présidentielle. Après la «captation» du général Alexandre Lebed par Boris Eltsine au lendemain du premier tour, c'est maintenant au candidat communiste de suggérer la cooptation de son parti aux sommets de l'Etat. Le scrutin ayant «démontré que la société russe est divisée en trois parts à peu près égales» et «qu'aucune force politique ne pourra redresser seule la situation du pays», Guennadi Ziouganov a appelé hier à la création d'un «conseil d'entente nationale». La tâche de ce forum multipartite serait de nommer un «gouvernement de confiance nationale» composé pour un tiers de ses camarades et pour un tiers par des représentants du pouvoir actuel. Le tiers restant serait accordé aux autres mouvements.
La proposition a de quoi surprendre alors que Ziouganov devra affronter Eltsine dans la dernière phase du scrutin, le 3 juillet. D'autant que le candidat d'opposition n'a pas annoncé son intention de se retirer pour laisser la voie libre au Président. Reste que sa déclaration sonne comme un incroyable aveu de faiblesse. Et ce manque de détermination à vaincre face à un Eltsine prêt à tout pour arracher un second mandat aura certainement bien plus desservi Ziouganov que toutes les intrigues du Kremlin.
L'idée de former un gouvernement d'union nationale a été lancée comme un ballon d'essai par Eltsine, alors que sa campagne électorale piétinait. Le chef de l'Etat avait usé de son proche entourage




