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Libération

La «djihad» des Ouïghours contre PékinDans la région du Xinjiang, le mouvement des séparatistes musulmans s'intensifie.

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Publié le 12/07/1996 à 8h20

Le mouvement nationaliste musulman ouïghour, qui prône

l'indépendance de la province chinoise du Xinjiang, a affirmé hier avoir multiplié les actions armées contre l'armée chinoise ces dernières semaines. Selon Yousoupbek Moukhlissi, le leader du Front national uni révolutionnaire (Fnur) du Turkestan oriental, exilé au Kazakhstan, «vingt gardes-frontières chinois ont été tués par nos frères radicaux nationaux» lors d'une opération qui s'est déroulée «le 4 juillet dernier à la passe de Kundjerab» (sur la frontière entre la Chine et le Pakistan). Cinq jours auparavant, le 29 juin, des partisans ouïghours avaient attaqué une colonne de plusieurs véhicules militaires chinois dans le désert du Taklamakan. Ces affirmations sont difficiles à corroborer. Les journalistes et observateurs indépendants ne sont pas les bienvenus au Xinjiang, immense région située au nord-ouest de la Chine.

Tout semble néanmoins indiquer que la «djihad» des musulmans indépendantistes chinois est en train de prendre une ampleur jusqu'alors insoupçonnée. Pékin ne fait d'ailleurs plus mystère de ses inquiétudes à l'égard du militantisme ouïghour. Peuple turcophone musulman de confession sunnite, les Ouïghours représentent une forte minorité d'environ 10 millions de personnes au Xinjiang. Début juillet, le président chinois Jiang Zemin s'est rendu au Kazakhstan où, pour la première fois, le ministre chinois des Affaires étrangères Qian Qichen a reconnu l'existence en Chine d'une «organisation appelée Turkesta

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