Un groupe de jeunes gens en costume cravate et cheveux gominés, main
droite levée formant le salut nazi. La photo publiée à la une de l'hebdomadaire Noticias à la fin du mois dernier visait à faire la lumière sur le passé militant du ministre de la Justice dans un groupe néonazi pendant les années 60. Le ministre ne figure pas sur la photo mais, dans la revue, plusieurs ex-membres de Tacuara témoignaient de l'appartenance de Rodolfo Barra à cette organisation. Formée à l'origine de jeunes catholiques défenseurs de l'école libre, Tacuara s'illustra ensuite par des actions violentes contre des associations de gauche ou des institutions juives, pour combattre ce qu'elle nommait «le complot judéo-bolchévique». Après les marques d'indignation de la communauté juive, le ministre a finalement présenté sa démission mercredi. Rodolfo Barra, qui intégra plus tard l'université sous la gestion du recteur Ottalagano autoproclamé fasciste, n'est certes pas le premier fonctionnaire de l'Etat argentin au passé douteux. Le nouveau directeur de la chaîne de télévision ATC, tout juste nommé par le gouvernement, est bien connu pour ses sympathies envers les militaires «carapintadas». Mais Rodolfo Barra, défenseur de projets polémiques dont une loi visant à augmenter les peines pour les journalistes ayant calomnié le gouvernement, était, lui, chargé de la justice dans un pays qui compte la communauté juive la plus importante d'Amérique latine, ayant souffert des attentats les plus meurtriers du p




