Au bord des tombes creusées au bulldozer où, hier après-midi, les
330 victimes du massacre survenu samedi dernier ont été ensevelies, le Burundi et la communauté internationale sont, plus que jamais, divisés sur l'opportunité d'une «assistance militaire» extérieure qui prendrait la forme d'une force régionale d'interposition. Hier à Bugendana, dans le centre du Burundi, le président, hutu, Sylvestre Ntybantunganya, et le Premier ministre, tutsi, Antoine Nduwayo, devaient conjointement présider les funérailles de masse pour les victimes tutsies de la dernière tuerie en date, imputée aux «rebelles» hutus. Pris à partie par une foule qui lui lançait des pierres, le Président a néanmoins pu reprendre son hélicoptère, dix minutes après son arrivée, pour quitter les lieux précipitamment. A la suite d'un Conseil des ministres exceptionnel, le gouvernement burundais composé de Hutus et de Tutsis venait pourtant de lancer un appel au calme sur les ondes nationales, exhortant la population à «éviter de tomber dans le piège de l'ennemi par des opérations vengeresses qui ne font que prolonger la spirale de la violence».
Hier, pour la seconde journée consécutive, la capitale burundaise, Bujumbura, est restée largement paralysée à la suite d'un appel à «la résistance civile pour notre survie» de l'ex-président Pierre Bagaza, l'un des porte-flambeaux de l'extrémisme tutsi. Alors que le secrétaire général des Nations unies, Boutros Boutros-Ghali, a pressé le Conseil de sécurité «d'ent




