Djakarta envoyé spécial
«Vous croyez qu'on va avoir la démocratie maintenant?», lance avec un sourire jovial un adolescent en montrant du doigt une colonne de fumée âcre qui s'élève dans le ciel. Elle provient de l'immeuble d'une grande banque nationale, incendié la veille, samedi, par des dizaines de milliers d'émeutiers. Au moment où il parle, sous le regard ahuri des habitants réfugiés dans les contre-allées, un convoi d'une dizaine d'automitrailleuses et autant de camions emplis de soldats, investit lentement une avenue vide. Un civil en T-shirt tente de lier conversation avec des militaires assis par terre, qui manipulent nerveusement leurs fusils, des M-16. Peine perdue. L'homme est menacé d'un coup de crosse.
Violences. La police, l'armée et les bérets bleus (forces spéciales) n'ont cessé pendant toute la journée d'hier de renforcer leurs positions, assiégeant tout le quartier d'affaires jouxtant l'avenue Salemba. Situé en plein coeur de la capitale, cet arrondissement a été le théâtre samedi de violentes émeutes antigouvernementales qui ont fait officiellement deux morts, dont le gardien d'un bâtiment incendié. 87 personnes auraient été blessées lors des heurts entre la police militaire et les manifestants qui se sont déroulés tout au long de la journée de samedi et près de 200 autres arrêtées. Trois banques ont été saccagées et incendiées, ainsi que deux salons d'exposition de voitures japonaises, un casernement militaire et une annexe du ministère de l'Agriculture. «




