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Libération

Haro sur le «héros» d'Atlanta

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L'agent qui avait écarté la foule est soupçonné dans l'attentat

Publié le 01/08/1996 à 10h06

Le héros du jour, chéri des médias, s'est transformé en quelques heures en suspect numéro un et les télévisions locales d'Atlanta, depuis avant hier, diffusent à nouveau des extraits d'interviews d'un homme de 33 ans qui était sur tous leurs écrans trois jours plus tôt. Richard Jewell est l'agent de sécurité qui, dans le parc du Centenaire, avait, quelques minutes avant l'explosion meurtrière de samedi dernier, signalé la présence du sac contenant la bombe et rapidement écarté la foule. Cette réaction avait permis d'éviter que l'attentat qui a fait deux morts et une centaine de blessés ne soit sensiblement plus sanglant et lui avait valu des félicitations unanimes ­y compris un hommage indirect de Bill Clinton qui avait cité en exemple le personnel de sécurité. Mais après la publication, lundi en fin d'après-midi, d'une édition spéciale de l'Atlanta Journal faisant ­avec un minimum de précautions­ de Jewell le poseur de bombe, il fait son retour dans un rôle nouveau face aux dizaines de caméras qui l'attendent devant chez lui.

La piste, envisagée aux premières heures, d'une opération menée par l'extrême droite paranoïaque de l'Alabama voisin semble abandonnée. La presse et les radios locales engagées dans une course-poursuite avec le FBI sur la trace de l'auteur de l'attentat ont instruit à grande vitesse le dossier Jewell. On peut se demander s'il a eu le temps matériel de téléphoner à la police pour annoncer l'attentat et de revenir sur place pour écarter le public. Mais pe

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