Biescas,envoyé spécial
La caravane est fracassée contre un arbre, démembrée. De la fenêtre tordue sortent un ours en peluche brun, des crayons de couleurs, une paire de ciseaux rouges, un petit sac, des couvertures. «Vous ne pouvez pas savoir comme nous avons eu de la chance», dit Edwin Ward, un universitaire du Yorkshire, (Angleterre) qui tente de récupérer quelques affaires dans la carcasse.
Seuls quelques rescapés ont le coeur de revenir dans la petite vallée encaissée de Biescas, dans l'Aragon, où est situé le camping Las Nieves (Les Neiges). Un magnifique soleil inondait hier après-midi ces montagnes de pins où coule un petit torrent, rendant difficile d'imaginer la catastrophe qui s'est abattue mercredi soir sur ce camping qui abritait quelque 800 vacanciers. Le bilan, toujours provisoire alors que les secouristes s'acharnaient à la recherche d'éventuels survivants, est très lourd: au moins 70 morts, des dizaines de disparus, et plus de 150 blessés. Une fillette française de 10 ans figure parmi les morts, deux autres Français parmi les blessés. Un autre était porté disparu.
Jeudi soir, le torrent en bordure duquel était installé le camping est soudain sorti de son endiguement, ravageant tout sur son passage. Quelque chose entre le raz-de-marée et la coulée volcanique. Là où le torrent est passé, on ne voit qu'enchevêtrement de branchages, d'arbres, de tôle et même des pans entiers de goudron arrachés à la route. Un petit pont chevauchant le torrent est entièrement obstrué




