Tokyo de notre correspondante
Plus d'un demi-siècle après la fin de la guerre, des femmes philippines, prostituées de force par l'armée impériale japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale, vont obtenir réparation. Dès hier, pour la première fois, le Premier ministre japonais, Ryutaro Hashimoto, a exprimé, à titre personnel, ses «excuses» et son «remords» par écrit à sept «femmes de réconfort» philippines (c'est ainsi qu'on les nomme en japonais, par euphémisme).
Mais le versement fort tardif de maigres indemnités (2 millions de yens par victime, soit 100.000F), qui doit démarrer symboliquement la veille du 51e anniversaire de la capitulation du Japon, n'est pas de nature à décrisper les relations entre le Japon et ses proches voisins sur cette période trouble de l'histoire. D'autant que ce n'est pas l'Etat, mais une fondation «privée» qui va verser les compensations, et le Premier ministre s'est bien gardé, dans sa lettre, de faire allusion à la dimension financière du problème. L'annonce de l'ouverture des premiers dossiers d'indemnisation a d'ailleurs déclenché un concert de protestations dans les pays jadis victimes des atrocités de l'armée impériale. Si le gouvernement philippin et l'association non gouvernementale Lila Philipina, qui représente les anciennes esclaves sexuelles aux Philippines, ont accepté les termes du règlement, les Coréennes et les Taïwanaises victimes du même traitement les rejettent catégoriquement.
Les victimes coréennes et taïwanaises, mais aussi




