Sarajevo envoyé spécial.
Trois cirques, hier, ici. Le premier, italien, Embell Riviera, plantait son chapiteau pour les enfants. Le second fut la balade de Warren Christopher dans la vieille ville. Si on pouvait jauger la popularité d'un homme d'Etat à l'encombrement que sa visite occasionné à Sarajevo, le secrétaire d'Etat américain battrait tous les records. En fin de matinée, les rues de la capitale ont connu leur plus important embouteillage depuis le jour de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de 1984, pour permettre à l'Américain de faire semblant de goûter et d'apprécier des «cevapcici» à l'oignon sur vingt mètres de pavés de la Bascarsija. Christopher était déjà venu en février dernier. Mais en ce temps-là tous les automobilistes ne pouvaient s'offrir le plein d'essence...
Donc, ponctuel, à 10 heures, le chef de la diplomatie américaine débarqua à l'aéroport pour la cérémonie d'inauguration au côté du président Alija Izetbegovic. Les deux hommes n'ont pu que se féliciter de l'atterrissage du premier Boeing bosniaque, et de la dissolution, décidée par Izetbegovic et Tudjman à Genève, au 31 août, de l'«Herceg-Bosna», le parti séparatiste, extrémiste, croate de l'Herzégovine, qui envenimait les relations entre parties bosniaques et croates. Le président Izetbegovic avait posé cette dissolution comme condition des élections, de même que le retrait de la vie politique de Karadzic à Pale, et s'est donc félicité, dans le hangar de l'aéroport, de «ce grand pas en ava




