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Au Japon, célébration ambiguë de 1945Hier, les ultranationalistes affichaient leur refus d'admettre les torts du Japon.

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Publié le 16/08/1996 à 9h32

Tokyo

de notre correspondante Chants nationalistes et prières silencieuses pour la paix: la cérémonie qui s'est déroulée hier matin au sanctuaire Yasukuni de Tokyo pour célébrer la fin de la guerre et la mémoire des soldats morts pour l'empereur a illustré une fois de plus l'ambiguïté du Japon face à son passé.

Bravant une chaleur de plomb, un vieil officier supérieur de la marine impériale pose fièrement pour les photographes, exhibant toutes ses décorations. Plus loin, d'autres vétérans brandissent l'ancien drapeau impérial. Ils sont venus, comme tous les ans, se souvenir des soldats japonais morts dans les guerres de conquête, en Mandchourie, en Corée, à Formose... Mais le sanctuaire de Yasukuni n'est pas un lieu comme les autres. C'est aussi là que sont enterrés les criminels de guerre exécutés après la capitulation. D'où le caractère ambigu d'une célébration où l'on ne sait plus très bien si l'on est venu pour dénoncer les folies de la guerre ou par nostalgie d'un passé de grandeur.

Devant le sanctuaire, les haut-parleurs de groupes d'extrême droite crachent à tue-tête de vieux chants militaires. «Le Japon n'a rien à se reprocher!, lance un militant au micro. Nous n'avons pas d'excuses à présenter!» Les nationalistes ne sont jamais pris à partie par le reste de la foule. On s'ignore, on se croise sans se voir. Dans une ambiance surréaliste coexistent ceux pour qui le Japon n'a rien à se reprocher et ceux qui pensent que leur pays n'a au contraire pas payé assez pour les so

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