New York de notre correspondant
La tempête a eu lieu, à New York, il y a quelques semaines au siège du quartier général de la campagne de Bill Clinton à Manhattan. Mario Cuomo, l'ancien gouverneur de New York, toujours très populaire parmi les troupes démocrates, semble hésiter à prendre la parole. Dans la salle, les délégués sélectionnés pour représenter leur Etat à Chicago et les bénévoles recrutés pour la campagne se regardent inquiets. Une cinquantaine de personnes viennent de sortir de petites pancartes, qui déclinent une série de slogans anti-Clinton. L'atmosphère bon enfant est soudain gelée: la célébration discrète a tourné au grand jour à la querelle de famille. «Je n'ai rien vu de pareil depuis 1968, s'inquiète John Sullivan, l'un des responsables de la délégation new-yorkaise à Chicago. Si ce spectacle se reproduit lors de la convention, nous sommes mal partis.»
Assistance minimum. Sujet de la déchirure: la décision de Clinton de signer le Welfare Bill adopté par le Congrès républicain, et qui supprime, entre autres, les garanties fédérales d'une assistance minimum aux enfants des familles les plus pauvres. «Bill Clinton met par terre un Etat providence que ses prédécesseurs ont mis soixante ans à bâtir, sans rien construire à la place», explique l'un des organisateurs de cette manifestation, Mark Kellar, responsable de la Coalition contre la faim, une association qui distribue des repas aux New-Yorkais pauvres ou sans logis. «Je suis démocrate. Mais, franchemen




