Pékin, de notre correspondante
Les rumeurs concernant le projet, maintes fois évoqué et démenti, de la vente d'un porte-avions français à la Chine ont ressurgi à l'occasion de l'actuelle visite en France d'une importante délégation de militaires et diplomates chinois. La télévision chinoise a rapporté vendredi soir les images de la délégation, présidée par l'amiral Liu Huaqing, membre du bureau politique, visitant le porte-avions français Clemenceau. Le navire doit être démantelé en 1999 pour être remplacé par le Charles-de-Gaulle, à propulsion nucléaire.
La Chine, qui souhaite s'équiper d'une flotte océanique, cherche depuis plusieurs années à se procurer un porte-avions. Le Clemenceau lui paraît intéressant à plusieurs titres. Le navire pourra être acquis à bon prix, puisqu'il doit partir à la casse. Il peut servir pendant une vingtaine d'années de base d'entraînement, permettant à des équipes de se roder au maniement d'un bâtiment aussi grand (265 mètres de long), le temps que la Chine achète ou fabrique un navire plus récent. Le Clemenceau a des dimensions qui intéressent la Chine: il peut recevoir une quarantaine d'avions de combat et deux hélicoptères, des missiles, et dispose de technologie moderne concernant les radars.
Côté français, le marché est tentant. Mais la question est d'ordre politique. La France avait été en pointe parmi les pays signataires des accords de Madrid en 1989 sanctionnant la Chine pour la répression sanglante de Tian Anmen, notamment en interdisan




