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L'Italie repart pour un tour de «Mains propres»Une nouvelle vague d'interpellations pour corruption secoue la classe dirigeante.

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Publié le 26/09/1996 à 10h27

Rome, de notre correspondant

Une affaire judiciaire à rebondissements dévoilant l'étendue de la corruption dans les rouages de l'Etat secoue à nouveau l'Italie. Comme il y a six ans, au début des enquêtes «Mains propres», les Italiens stupéfaits voient des personnalités du gratin de la haute administration défiler sur les écrans de télévision, menottes au poignet. Même un héros national comme l'ancien procureur Antonio Di Pietro est obligé de ferrailler pendant dix minutes au journal télévisé pour se défendre des soupçons de corruption. Des rumeurs persistantes parlent d'une prochaine mise en examen de membres de l'actuel gouvernement, y compris Romano Prodi, le Premier ministre. C'est donc un ouragan qui souffle depuis une semaine sur la classe dirigeante italienne, en tous points comparable à celui de 1990 qui avait décapité la Démocratie chrétienne et le Parti socialiste, enterrant ainsi la première République.

Au soir du 15 septembre, lorsque plusieurs brasseurs d'affaires et managers sont interpellés sur ordre du parquet de la Spezia, en Ligurie, on ne parle pas encore de «Mains propres II». Dans la liste des incarcérations, celles de Lorenzo Necci, patron des chemins de fer, fait néanmoins l'effet d'une bombe. «Lorenzo, le magnifique» le grand commis fou de TGV, a toujours été apprécié pour sa compétence et sa probité, courtisé par la droite et par la gauche. Au moment de la formation du gouvernement Prodi, on avait même parlé de lui comme super-ministre de l'Equipement.

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