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Prague se mitonne un quartier chaud

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Publié le 28/09/1996 à 10h19

Prague, correspondance

Confrontée à une augmentation constante du nombre de professionnelles du trottoir, la mairie de Prague a annoncé la création d'un «quartier rouge», sorte de zone franche du sexe où la prostitution serait autorisée sur la place publique alors qu'elle reste prohibée partout ailleurs en ville. «Ce n'est pas nous qui parviendrons à interdire la prostitution, explique Jiri Hermann, président de la commission des affaires d'ordre public à la mairie et initiateur du projet. Il me semble plus judicieux de définir un endroit bien précis, une ou plusieurs rues d'un même arrondissement, où toute la panoplie des services sexuels est tolérée.» Cette Realpolitik du sexe, qui provoque quelques polémiques parmi les habitants de la capitale tchèque, soulève surtout une question essentielle depuis la chute du mur de Berlin. Et si Prague devenait la capitale de l'Est du tourisme sexuel?

Officiellement, pour la municipalité, la délimitation d'un quartier spécialisé, sur le modèle de celui de Hambourg (Allemagne), vise d'abord à remettre un peu d'ordre sur les trottoirs de la ville qu'arpenteraient aujourd'hui plus de 20 000 prostituées, en majorité russes et ukrainiennes. Depuis 1989, les grandes cités de la banlieue pragoises se sont peu à peu émaillées d'enseignes de «Striptyz» ou «Live Erotic» (traduire bordel), surtout près des sorties d'autoroutes, et la E55 Prague-Dresde a d'ailleurs été surnommée «autoroute de l'amour». Mais les professionnelles sont plus particuliè

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