Sous la menace d'être limogé comme ses collègues (également hutus)
en Suisse et au Zaïre, l'ambassadeur du Rwanda à Paris, Christophe Mfizi, a pris les devants en démissionnant. Dans une lettre estampillée «Urgent», datée du 18 septembre, le diplomate, qui était également accrédité à Madrid, Lisbonne et auprès de l'Unesco à Paris, explique au président rwandais Pasteur Bizimungu qu'il a «subi un chapelet d'épreuves» et estime que «plus patient et plus patriote que moi, on le pend!». Parmi les griefs motivant sa démission, Christophe Mfizi fait état du «harcèlement depuis plusieurs mois de la part de Kigali», du «détournement ou blocage de dossiers» le concernant, de «l'étouffement» financier de l'ambassade à Paris qui, depuis le début de l'année, n'aurait plus reçu de fonds de fonctionnement, du «torpillage systématique par certaines hautes autorités» de son action diplomatique, de la diffamation de sa personne dans la «nouvelle presse de la haine» au Rwanda et, enfin, de la «tentative de bipolarisation de l'ambassade par le biais du premier conseiller», Modeste Rutabayiru, un Tutsi qui le marque depuis sa prise de fonction, au point d'avoir voulu le suivre, lors d'un débat contradictoire sur une chaîne de télévision panafricaine, jusque dans le studio d'enregistrement...
Nommé chargé d'affaires à la place de l'ambassadeur dont la démission a été acceptée le 22 septembre, Modeste Rutabayiru s'est refusé hier à toute déclaration, renvoyant à l'intéressé qui, toujours dans son




