Les deux Grands de l'Asie, la Chine et le Japon, sont en train de
réveiller leurs vieux démons. Alors que la Chine déployait hier ses oriflammes à l'occasion du 1er octobre, la fête nationale, le Premier ministre japonais, Ryutaro Hashimoto, a annoncé que son parti, le Parti libéral-démocrate (PLD), adoptait une plate-forme électorale intransigeante concernant deux des questions les plus sensibles du contentieux sino-japonais. Le PLD affirme dans son programme électoral que les îles Senkaku (en chinois: Diaoyutai), dont Pékin et Tokyo se disputent âprement la souveraineté, «appartiennent depuis les origines» au Japon. Le PLD cautionne en outre les visites officielles de personnalités ministérielles au temple de Yasukuni, où sont enterrés d'anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale, parmi lesquels des militaires qui se sont rendus coupables de crimes de guerre. La Chine a toujours violemment protesté chaque fois qu'un membre du gouvernement japonais en exercice venait rendre hommage aux mânes des guerriers. Interrompues au milieu des années 80, ces visites ont été remises au goût du jour par le Premier ministre Hashimoto, qui s'est rendu à Yasukuni en juillet dernier.
La ferveur nationaliste avait également droit de cité hier à Pékin. Le bulletin officiel du Parti communiste, le Quotidien du peuple, a affirmé que le «nationalisme» était capable de transformer la Chine en un pays «fort, ferme, indomptable et capable de surmonter 10 000 difficultés pour remporter la vic




