Au septième jour de leur victoire dans Kaboul, les miliciens fondamentalistes taliban ont décrété la prière obligatoire. Et se sont empressés de joindre le geste à la parole. Hier en milieu de journée, plusieurs dizaines de taliban en armes ont contraint les passants à rentrer dans la principale mosquée de la capitale, Pul-i-khishti, en les y poussant avec des bâtons. Des combattants ont bloqué les rues autour de la mosquée, frappant avec leurs fusils les Kaboulis qui essayaient de s'échapper. A l'issue de cette opération de prosélytisme zélé, quelque 3 000 personnes ont fini par se trouver rassemblées dans ce lieu de culte construit au XVIIIe siècle, pour écouter un sermon prononcé par un mollah récemment nommé. Le ministre de l'Information et de la Culture par intérim, le mollah Amir Khan Mutaqi, qui se trouvait sur les lieux, a démenti l'évidence: «Personne ne les force à venir à la mosquée, les soldats essaient juste de maintenir la voie dégagée.» Mais un Kabouli en colère s'est exclamé qu'il ne voyait pas pourquoi il devrait participer à une prière collective, «parce qu'un illettré en armes lui avait dit de le faire».
Les taliban veulent imposer à la capitale le même mode de vie basé sur une interprétation très stricte de la charia (loi islamique), que celui qu'ils ont mis en place dans les provinces qu'ils contrôlent dans tout le sud du pays. Ils ont déjà interdit, momentanément, assurent certains d'entre eux, l'école aux jeunes filles et le travail hors de la maison po




