Djakarta, envoyé spécial
«Ils occupent le terrain dans pratiquement tous les domaines, explique un expert commercial occidental. Pour ceux qui veulent faire des gros contrats d'affaires ici, ils sont incontournables.» «Ils», ce sont les six enfants du président Suharto. Les trois fils et les trois filles du maître de l'Indonésie sont tous, à des titres divers, à la tête d'entreprise ou de consortium fonctionnant principalement grâce à l'attribution par l'Etat de marchés publics, de monopoles ou de licences commerciales exclusives. Concessions aux enfants. Cette oligarchie économico-politique fonctionne en circuit fermé. «Si vous ne faites pas partie du clan (Suharto), les portes se ferment», explique, désabusé, un homme d'affaires indonésien de Djakarta, parlementaire et membre du Golkar, le parti au pouvoir. Le népotisme, qui épouse une certaine tradition javanaise bien ancrée, est devenu un véritable art de vivre depuis l'accession au pouvoir de Suharto, en 1965. «Suharto continue d'offrir des concessions spéciales à ses enfants, qui possèdent désormais les plus importants groupes indigènes du pays», explique sans ambages, dans le Wall Street Journal, Harold Crouch, un expert de l'Université nationale australienne.
En Indonésie, en revanche, le sujet est éminemment tabou. Même l'opposition se garde de l'évoquer publiquement. «J'ai déjà beaucoup d'ennuis, je ne veux pas en avoir davantage», lâche sur le ton de la demi-plaisanterie Megawati Soekarnoputri, la figure de proue d




