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Japon: le quitte ou double de Hashimoto. Le rival du Premier ministre aux législatives a le soutien de la puissante Soka Gakkai.

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Publié le 17/10/1996 à 0h25

Tokyo de notre correspondante

Ryutaro Hashimoto, le Premier ministre japonais, a fait un pari risqué en provoquant les élections législatives anticipées qui se déroulent dimanche. Il affronte en effet, dans sa circonscription, un transfuge de sa propre formation, le Parti libéral démocrate (PLD), qui bénéfice du soutien de la puissante secte bouddhiste Soka Gakkai.

Après avoir changé de bord, ce rival, Mutsuki Kato, est devenu un membre influent du Shinshinto, le premier parti d'opposition, un mouvement dont la secte soutient nombre de candidats. Or chacun sait au Japon à quel point ce soutien peut se révéler redoutablement efficace. Beaucoup plus qu'un lobby, la Soka Gakkai (8 millions de membres) est généralement considérée comme une force politique à part entière, capable de «contrôler» 10% de l'électorat japonais. Les politologues parlent à ce sujet de «vote captif» ou même «bloqué», tant il est vrai que les fidèles, habitués à se mobiliser pour les élections, suivent à la lettre les consignes de vote des leaders de la secte.

Face à cette machine électorale, le parti du Premier ministre n'est pas complètement démuni. Ici, comme dans toutes les circonscriptions, les députés du PLD se sont préparés très tôt aux élections et ont profité de l'été pour mener une campagne systématique sur le terrain. Signe cependant d'une certaine nervosité dans le camp du Premier ministre, celui-ci a passé tout le week-end à sillonner sa circonscription située dans la région d'Okayama, à l'ouest

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