Les miliciens taliban, dès leurs entrée dans la capitale afghane, le 27 septembre, ont imposé leur loi. Les femmes doivent porter le voile et les écoles pour filles ont été interdites. Les hommes se rendent à la mosquée sous la menace du bâton et de la kalachnikov. Tout divertissement est proscrit. Le premier geste des taliban a été de pendre l'ancien dictateur communiste Najibullah et son frère, dont les corps tuméfiés ont été exposés pendant deux jours.
Cela fait maintenant presque vingt ans que l'inquiétude et la peur se lisent sur les visages des Kaboulis. Depuis le 24 décembre 1979 exactement, jour où les chars soviétiques sont entrés dans Kaboul. D'un coup, le destin de la cité où les hippies venaient se ressourcer a basculé. Aujourd'hui Kaboul n'est pas défiguré. Il est détruit. Dans les pierres comme dans l'âme. Il a subi les assauts des moudjahidin durant l'occupation par les Soviétiques, qui finiront par se retirer le 15 février 1989. Najibullah, le Président installé par Moscou, tiendra trois ans. La ville tombera aux mains des moudjahidin le 16 avril 1992. Eclate alors une lutte entre des combattants que l'on croyait fédérés. Ces déchirements opposent autant des ethnies (Pachtouns, Tadjiks, Ouzbeks, Hazaras) que des tribus, au gré des alliances et des traîtrises. Ce morcellement des pouvoirs locaux, raison pour laquelle l'Afghanistan ne s'est jamais rendu à un envahisseur étranger, devient le pire ennemi; sans doute parce qu'il est entretenu par autant de puissanc




