Les réfugiés rwandais qui fuient les combats sont en train de mourir
de soif dans les montagnes de l'est du Zaïre, selon des responsables de l'ONU cités hier par l'agence Reuter. D'autres réfugiés, zaïrois cette fois, sont arrivés hier dans la ville de Kisangani, malades et épuisés, après une marche de 500 km pour fuir Bukavu et la zone des combats. 13 000 autres réfugiés zaïrois sont pour leur part arrivés en Ouganda... Bien que le sort de plus d'un million de personnes soit ainsi en danger dans la région des Grands Lacs, les discussions progressent difficilement autour de l'idée d'une intervention militaire de sauvetage. Mercredi soir, sur LCI, le ministre des Affaires étrangères français, Hervé de Charette, avait déploré «la mollesse de la communauté internationale». «A toutes les portes où je frappe en disant: "quelqu'un est-il prêt à prendre ses responsabilités?, on me répond non, ou on me répond poliment: passez demain. Ou encore, peut-être qu'on va vous passer un avion...» La France et l'Espagne proposent de mettre sur pied une force multinationale de 5 000 hommes, pour une mission «limitée à deux mois».
Hier à Bruxelles, si l'Europe s'est dite prête à mettre toute sa logistique à la disposition d'une aide humanitaire, elle a une nouvelle fois choisi de temporiser sur le plan politique. Tout en avalisant le principe d'une «force neutre» et «placée sous le commandement de l'ONU», les ministres de la Coopération des Quinze ont refusé de se prononcer sur le mandat et sur




