Tokyo, de notre correspondante
Dans l'ambiance délétère qui règne en France actuellement, il y a au moins une chose qui réjouit Chirac: son voyage au Japon. «Parlez au Président du Japon, vous êtes sur de le dérider. Il est intarissable sur l'art japonais», s'enflamme un membre de son entourage, forcément admiratif.
C'est peu dire que lorsqu'il est arrivé, dimanche matin, à l'aéroport de Haneda à bord du DC8 présidentiel, Jacques Chirac était en terre connue: il a déjà effectué 42 séjours dans l'archipel. Ce qui fait écrire au quotidien conservateur Sankei Shimbun, qu'«aucun Européen n'a une connaissance aussi parfaite du Japon».
Deux ans d'attente. Son précédent séjour remonte pourtant à deux ans. Il était alors au plus bas dans les sondages et bien peu auraient parié a l'époque sur ses chances de remporter l'élection présidentielle. C'est juste après ce séjour privé, loin de l'agitation politique parisienne, qu'il avait annoncé sa candidature à l'Elysée. «Le Japon, c'est un peu le jardin secret du Président. Son lieu de prédilection lorsqu'il veut se mettre entre parenthèses de la vie politique. Jusque très récemment, il n'en parlait quasiment jamais», confie un proche collaborateur. Deux ans... Rarement il s'était écoulé autant de temps entre deux de ses voyages. Si Jacques Chirac n'est pas revenu plus tôt, c'est en raison des essais nucléaires. Les Japonais ont eu du mal à comprendre la nécessité de reprendre les essais dans le Pacifique Sud, l'année même où ils célébraient




