Rome de notre correspondant.
«Mains propres» n'a pas épargné Turin ni Fiat: le principal groupe industriel privé transalpin devra lui aussi s'expliquer devant un tribunal sur les relations illégales entretenues avec les partis politiques. Le juge des enquêtes préliminaires de Turin vient de fixer au 15 janvier le procès à l'encontre du président du groupe, Cesare Romiti, et du directeur financier, Francesco Paolo Mattioli, inculpés de faux en écriture et de complicité dans le financement illégal de partis politiques.Les avocats de Fiat ont obtenu que le procès se déroule selon une procédure abrégée évitant l'audience publique. Les faits contestés par les magistrats remontent aux années 1980-1992 où cinq filiales du groupe (Impresit, Cogefar, Iveco, Fiat Avio et Telettra) auraient constitué des caisses noires en Italie et à l'étranger pour des dizaines de millions de dollars afin de financer notamment l'ex-démocratie chrétienne et le parti socialiste de Bettino Craxi. En échange, ces partis au pouvoir auraient favorisé Fiat dans l'attribution des marchés publics. Interrogé au début de l'enquête «Mains propres», Cesare Romiti avait d'abord nié l'existence de caisses noires. Ensuite il avait déclaré ne pas être au courant. Ce n'est qu'en 1993 qu'il avait remis un mémoire où il reconnaissait les faits et il en assumait toute la responsabilité. L'ancien président du Conseil et ex-leader socialiste Bettino Craxi est revenu récemment sur l'affaire, affirmant depuis son exil tunisie




