Ce n'est pas encore la chute du «mur de Pyongyang», mais ça y
ressemble. Les autorités sud-coréennes ont annoncé vendredi la construction d'un camp, d'une capacité de 500 places, pour accueillir le nombre croissant de réfugiés qui fuient la Corée du Nord où sévit une grave disette depuis plusieurs années. Jeudi, Séoul avait révélé que seize membres d'une famille nord-coréenne accompagnés d'un policier se sont enfuis à Hong kong, où ils ont demandé l'asile politique. Il s'agit de la plus importante défection en groupe depuis la fin de la guerre de Corée (1953). Après avoir franchi le Tumen le 26 octobre, un fleuve qui sépare la Corée du Nord de la Chine, les dix-sept Nord-Coréens dont cinq enfants ont traversé clandestinement la Chine sur une distance de quelque 3 000km, avant de se rendre, toujours clandestinement, dans la colonie britannique de Hong kong, le 23 novembre. La famille, qui a été aidée par des Chinois d'origine coréenne, a expliqué qu'elle subissait des discriminations en raison de ses origines sudistes. Elle a décidé de s'enfuir en bloc, la défection d'une personne étant punie, en Corée du Nord, par l'envoi en camp de toute la famille. Cette défection sans précédent a ému en Corée du Sud, où le ministre de l'Unification nationale a estimé qu'il pourrait s'agir d'un signe précurseur de l'effondrement économique du bastion stalinien du Nord. Des personnes qui ont visité récemment la Corée du Nord signalent que la pénurie alimentaire contraint les ruraux à c




