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Libération

ONU: un strapontin comme consolation

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Publié le 21/12/1996 à 2h16

En un mois, le retournement aura été spectaculaire. En novembre, les Etats-Unis étaient isolés dans leur opposition ouverte à Boutros-Ghali. En face, la France avait le beau rôle. Des mois de campagne américaine n'avaient donné aucun résultat. Comme on le vit le jour du premier vote sur la candidature de Boutros-Ghali, les Etats-Unis étaient parvenus à faire l'unanimité contre eux au Conseil de sécurité. De nombreux pays manifestaient avec aigreur leur irritation face à l'«arrogance» américaine. Les Français jubilaient. Les choses ont vite changé: Kofi Annan était connu pour avoir les faveurs de Washington, mais les Américains s'étaient abstenus de le soutenir en public. Pour les Africains du Conseil de sécurité, ce fut suffisant: ils lâchèrent donc la France. Paris n'avait d'autre porte de sortie que la retraite négociée. Au nom de la francophonie, la France refusait en effet de jouer la seule carte redoutée des Américains: l'entrée en piste du secrétaire général de l'Organisation de l'unité africaine, le Tanzanien anglophone Salim Ahmed Salim. A l'issue de cette bataille peu glorieuse, la France devrait sortir avec un poste stratégique de secrétaire général adjoint ­ au maintien de la paix ou à la direction politique ­ en échange du départ du Français Jean-Claude Milleron en charge de l'information économique. Bref, une partie de chaises musicales qui aurait eu lieu de toutes façons. Quant aux Américains, ils savourent une victoire. «Nous sommes la nation indispensable

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