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Jour test pour la grève en Corée du SudL'unique syndicat légal a rejoint le mouvement contre la nouvelle loi du travail.

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Publié le 06/01/1997 à 16h27

Le mouvement de grève qui mobilise des centaines de milliers

d'ouvriers depuis fin décembre en Corée du Sud, menace de repartir de plus belle. Après dix ans d'une relative accalmie, les rues des grandes villes fleurent à nouveau les gaz lacrymogènes et la fièvre sociale. Mettant fin à une courte trêve des confiseurs, 92 000 salariés appartenant à 44 sites de production se sont mis en grève vendredi, surtout dans le secteur automobile, et 45 000 samedi. De nombreuses manifestations ont eu lieu à Séoul et dans plusieurs villes du pays, notamment à Inchon, Pusan et Kwangju. Dans la capitale, 3 000 salariés ont participé à un rassemblement dans la cathédrale de Myongdong, où siègent les syndicalistes depuis une semaine.

Il faut remonter à 1987, date à laquelle le régime a démocratisé ses institutions, pour constater un mouvement de cette ampleur. Les grévistes réclament l'abrogation d'une législation sur le travail que le gouvernement a fait passer lors d'une session secrète du Parlement, le 26 décembre. Votée en sept minutes, à 6 heures du matin, en l'absence de l'opposition, la loi a été ratifiée par le président Kim Young-Sam. Kim, un ancien dissident devenu président, est aujourd'hui qualifié de «traître à la démocratie» par les syndicalistes, très puissants dans le pays. La Confédération coréenne des syndicats (KCTU, illégale), rassemblant 500 000 adhérents, avait exigé du gouvernement qu'il abroge la loi avant vendredi.

La législation, qui doit prendre effet le 1er mars, sim

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