Georges Deltour, ses trois compagnons et leurs guides se trouvaient
mardi dernier à une trentaine de kilomètres au nord d'Agadès quand les pillards ont arrêté leurs chameaux. Ils étaient trois à les attendre au milieu du désert, armés de Kalachnikov et de poignards. Les Français et leurs chameliers s'en sont relativement bien sortis. Ils ont abandonné argent et objets de valeur, mais regagné Agadès sains et saufs.
La semaine précédente, le 4x4 d'un groupe de touristes avait été mitraillé, et un Italien avait été blessé. En trois semaines, sept groupes se sont ainsi fait dévaliser, alors qu'ils arpentaient le massif de l'Aïr, fief touareg à plus de 700 km au nord de la capitale nigérienne.
De son hôtel à Agadès, Georges Deltour refuse de croire que les pilleurs appartiennent à la rébellion touarègue: «Ils ne dévalisent pas les touristes. Ils ont besoin d'autre chose, de carburant.» Pour Maurice Freund, président de Point Afrique, qui a ouvert le 21 décembre la ligne Paris-Agadès, l'affaire est plus grave. «En novembre, nous avions rencontré le gouvernement nigérien et les responsables de la rébellion, qui nous avaient donné toutes les assurances.» Depuis que des accords de paix avaient été signés en décembre 1995 entre Niamey et la rébellion, les négociations sur leur application s'étaient poursuivies cahin-caha. A la mi-décembre, les autorités et les principaux mouvements touaregs signaient même un texte prévoyant l'intégration de combattants touaregs dans l'armée régulière. «




