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Libération

Etat d'alerte en Corée du SudDes milliers de policiers mobilisés alors que les grèves s'étendent.

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Publié le 14/01/1997 à 16h00

Séoul envoyé spécial

Pour faire face à un durcissement du mouvement de grève qui traverse le pays depuis le 26 décembre, le gouvernement coréen a annoncé hier avoir mis plusieurs milliers de soldats en état d'alerte. Selon le ministère de la Défense, les militaires mobilisés feront fonctionner les principaux services publics si ceux-ci devaient être touchés. Les grèves qui affectent surtout jusqu'alors les grands conglomérats industriels comme Hyundai ou Daewoo, devraient en effet s'étendre aujourd'hui aux transports en commun, aux banques et aux chemins de fer à l'appel de la centrale syndicale officielle, la FKTU (1,2 million) d'adhérents. Le mouvement, dont on estime qu'il a déjà coûté dix milliards de francs au pays, devrait se transformer en grève générale mercredi, comme l'a demandé la très militante Confédération coréenne des syndicats (KCTU). C'est cette dernière qui est à l'origine du vent de contestation sociale qui balaie le pays depuis l'adoption d'un nouveau code du travail ­ dont les syndicats exigent l'abrogation pure et simple. La nouvelle réglementation repousse la liberté syndicale jusqu'en 2002, facilite les licenciements massifs et autorise le patronat à employer du personnel temporaire pour briser les grèves. Les leaders de la KCTU, retranchés dans la cathédrale de Myongdong, ont donné au gouvernement jusqu'à aujourd'hui minuit pour abroger le texte de loi, et conditionnent tout dialogue avec le pouvoir au retrait de cette législation très impopulaire.

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