Séoul envoyé spécial C'est calfeutré par -10° dans une petite tente faite de bâches de plastique blanc que Kwon Young-kil dirige les grèves en Corée du Sud. Vêtu d'un anorak et d'un pantalon noirs, le syndicaliste de 55 ans arbore un bandeau rouge sur le front: «Kim Young-sam (le président sud-coréen) démission!» En signe de détermination, il s'est rasé le crâne. Fort bien équipé en téléphones portables, couvertures et appareils de chauffage, le quartier général improvisé du président de la Confédération des syndicats coréens (KCTU, illégal) est érigé au pied de la cathédrale catholique de Myongdong, dont le parvis est flanqué de plusieurs phalanges d'ouvriers-militants armés de barres de fer, prêts à en découdre avec les centaines de policiers antiémeute qui campent en contrebas. Des effluves de gaz lacrymogène empestent l'air, marques résiduelles de précédents heurts.
Résistance. Des parpaings qui doivent servir de projectiles sont brisés sur la chaussée: un nouvel affrontement semble imminent. Sous sa tente, Kwon Young-kil rassure ses visiteurs avec la tranquillité sérieuse qui le caractérise. «L'intervention n'est pas pour aujourd'hui. Dans les prochains jours peut-être. Mais si le gouvernement commet l'erreur d'envoyer un grand nombre de policiers pour nous arrêter et briser les grèves, il risque de provoquer une situation catastrophique, que nous-mêmes aurions du mal à contrôler», avertit-il.
Le leader syndical n'ignore pas qu'il peut certes au prix d'une rude bataill




