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Libération

La grève s'essouffle en CoréeLe mouvement a été peu suivi hier. De violents incidents ont éclaté à Séoul.

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Publié le 16/01/1997 à 15h53

Séoul, envoyé spécial

Le grand quartier commerçant de Myongdong, dans le centre de Séoul, était noyé hier soir sous les gaz lacrymogènes. Des milliers de policiers équipés de longues matraques, de casques grillagés et de boucliers en métal y pourchassaient, dans le dédale de rues piétonnières, de petits groupes de grévistes et d'étudiants radicaux armés de barres de fer et de pavés. Tandis que se déroulaient ces scènes d'émeute, les passants tentaient de se protéger des redoutables vapeurs lacrymogènes «made in Korea», qui provoquent parfois des vomissements. Les violences, qui se sont poursuivies tard dans la nuit, sont les plus importantes depuis le début du mouvement de grève en Corée du Sud, le 26 décembre. Nombre de personnes ont été blessées, et d'autres arrêtées. Les heurts ont commencé lorsque la police antiémeute a bloqué le passage à un rassemblement de 30 000 grévistes. Un groupe d'une centaine d'étudiants radicaux ­ impressionnants par leur sens de l'organisation ­ s'est alors attelé à dépaver la rue, faisant tomber une pluie de projectiles sur les boucliers de la police.

Les militants tentaient de rejoindre la cathédrale de Myongdong, haut lieu de la contestation. C'est depuis un campement de fortune installé sur le parvis que le leader de la Confédération des syndicats coréens (KCTU, illégal), Kwon Young-kil, dirige le mouvement de grève. Celui-ci, qui a pour objet d'obtenir l'abrogation du nouveau code du travail imposé par le gouvernement, paraît s'essouffler.

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