«Qui aurait cru il y a dix ans seulement que nous deviendrions de si
bons voisins?», commentait Helmut Kohl, très satisfait, après la signature officielle de la déclaration tchéco-allemande de réconciliation, un texte dont la négociation aura duré presque deux ans. Le document, signé hier après-midi à Prague, contient des regrets mutuels sur les événements de la Seconde Guerre mondiale. Bonn s'excuse pour l'annexion par Hitler, en 1938, de la zone frontalière des Sudètes, aux confins de la Bohême et de la Moravie, et pour l'occupation de la Tchécoslovaquie par le régime nazi. De son côté, la partie tchèque reconnaît que l'expulsion massive après-guerre des Allemands des Sudètes (ces trois millions de Tchèques d'origine germanique qui avaient en grande partie pactisé avec l'occupant) fut une injustice, accompagnée de brutalités.
Si la signature de cette «déclaration» clôt un chapitre douloureux des relations entre les deux Etats, de nombreuses protestations se sont élevées contre cet accord dans les deux pays. La Landmannschaft, l'organisation qui fédère les Allemands des Sudètes et leurs descendants, soutenue par la CSU (branche bavaroise des Unions chrétiennes du chancelier Kohl), réclame des compensations pour les confiscations. Côté tchèque, les communistes et les républicains (extrême droite) se sont insurgés contre «la capitulation» du gouvernement. Pour l'adhésion à l'Union européenne comme pour celle à l'Otan, Prague peut d'ores et déjà compter sur le soutien de l'Alle




