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La secte Aum reste autorisée au Japon

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Publié le 01/02/1997 à 22h17

La secte Aum Shinrikyo, tenue responsable de l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en mars 1995, ne sera pas interdite au Japon. La Commission de la sécurité publique japonaise a en effet décidé vendredi de ne pas invoquer à l'encontre de la secte la loi de 1952 sur la sécurité, une législation d'exception contre les groupes terroristes. Son application aurait rayé à jamais la secte du registre des associations religieuses japonaises et interdit à ses anciens membres de se réunir.

Selon cette commission indépendante, la secte ne constitue plus vraiment aujourd'hui un danger pour la société. Elle a été mise en faillite, dépossédée de tous ses biens et ses leaders font actuellement l'objet de poursuites judiciaires. Ils doivent répondre de l'attentat qui fit 12 morts dans la capitale et intoxiqua des milliers d'autres passagers du métro. Ils sont aussi inculpés pour un autre attentat au sarin dans la ville de Matsumoto, en juin 1994, qui fit 7 morts ainsi que pour les meurtres de fidèles de la secte et de leurs familles. En outre, les effectifs de la secte ont fondu. On ne recenserait plus que quelques centaines d'irréductibles contre environ 10.000 avant l'attentat.

La décision de la commission, qui rejette la demande déposée en juillet par le bureau des enquêtes sur la sécurité publique du ministère de la Justice, n'est pas vraiment une surprise. La loi antisubversion avait été adoptée au début de la guerre froide pour lutter contre les groupuscules d'extrême-gauche.

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