Bruxelles correspondance
Quelques mois auront suffi aux sept magistrats auteurs de l'Appel de Genève pour attirer l'attention des institutions communautaires sur les lacunes de l'espace judiciaire européen. Ils avaient lancé, tout début octobre, un cri d'alarme sur la corruption en Europe et la nécessité d'une meilleure collaboration entre justices d'Europe. Quatre d'entre eux ont été reçus hier à Bruxelles par la commission des libertés publiques du Parlement européen, suffisamment touché par la «réputation des juges» pour décider de préparer un rapport sur le sujet, qui pourrait être soumis à la session plénière du mois de mai. Le nombre de signatures de magistrats recueillies depuis octobre n'a fait que renforcer l'importance du signal: en France, près de 400 magistrats ont signé l'Appel, soutenu par deux organisations syndicales et une association de juges d'instruction; en Italie, les signatures sont très nombreuses. Avant mai, une autre audition publique, consacrée cette fois aux problèmes financiers et fiscaux, se tiendra les 15 et 16 avril afin de définir au mieux les problèmes liés à l'absence de coopération judiciaire. L'objectif est d'avancer quelques propositions, notamment dans le cadre de la Conférence intergouvernementale et de suggérer une meilleure prise en compte par la Commission et le Parlement.
«La coopération internationale en matière judiciaire est au point zéro», ont martelé les magistrats entendus hier. L'argent «sale» a beau atteindre des niveaux co




