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Madrid: la justice s'abat sur Herri BatasunaCinq dirigeants, accusés de collaboration avec l'ETA, écroués. Vingt autres poursuivis.

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Publié le 07/02/1997 à 21h55

Madrid, de notre correspondant

Herri Batasuna, la branche politique de l'ETA, est comme jamais dans le collimateur de la justice espagnole. Cinq de ses plus importants dirigeants sont désormais en prison, en détention préventive. Et les vingt autres membres de la direction collective du parti séparatiste basque devraient les rejoindre derrière les barreaux d'ici deux semaines.

Depuis lundi en effet, et jusqu'au 18 février, le Tribunal suprême a cité à comparaître, par groupes de deux ou trois par jour, les 25 membres du bureau national de HB, inculpés de «collaboration» avec l'ETA. Les faits reprochés remontent à la campagne pour les élections législatives de mars 1996. Herri Batasuna (12% de l'électorat basque) avait tenté, dans ses meetings, mais aussi dans les espaces télévisés offerts aux partis politiques, de diffuser une bande vidéo où trois membres armés et cagoulés de l'ETA dispensaient leur propagande. C'est trop confondre les genres, semble estimer la justice, apparemment sur la même longueur d'onde que le pouvoir politique pour qui «ce parti est complice de l'ETA: il inspire des actes criminels, et sur lui doit peser tout le poids de la loi», selon les mots du vice-président du gouvernement, Francisco Alvarez Cascos. Comme un seul homme, les inculpés ont refusé de répondre à la convocation du Tribunal suprême: «Nous ne sommes pas espagnols», expliquait Floren Aoiz, porte-parole de HB, le premier à être incarcéré, mardi, «un tribunal espagnol n'a donc pas à nous dem

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