Menu
Libération

Etat d'urgence en Equateur. Le pays se retrouve avec trois présidents pour un seul fauteuil.

Réservé aux abonnés

Publié le 08/02/1997 à 21h54

Autant dire que la confusion règne dans ce petit pays qui s'est

réveillé vendredi avec trois chefs d'Etat ­qui plus est tous avocats ­ pour un seul fauteuil présidentiel. Destitué jeudi par le Congrès par 44 voix contre 34 de son poste de président de l'Equateur pour «incapacité physique et mentale», Abdala Bucaram Ortiz refuse depuis d'obtempérer. Le vote du Congrès est un «coup d'Etat», dit-il. Deux autres personnalités du pays se sont entre-temps déclarées Président à la place du Président qui ne veut pas partir. Tout d'abord le président du Congrès, Fabian Alarcon, que le même vote du Congrès a désigné comme Président par intérim, puis la vice-présidente équatorienne, Rosalia Arteaga, qui s'est autoproclamée présidente constitutionnelle. Alors que la police affrontait hier soir des milliers de manifestants qui tentaient d'occuper la place faisant face au palais présidentiel à Quito, le ministre de la Défense, Victor Bayas, a annoncé que le président déchu avait décrété l'état d'urgence «afin de sauvegarder la tranquillité et la démocratie». Toutes les garanties constitutionnelles sont «suspendues». On ignorait hier comment les autres «présidents» réagiront.

«Antéchrists». En Equateur, on appelle Bucaram «el loco», le fou, depuis qu'un jour il s'est déclaré, littéralement, «fou». Les indices de loufoquerie certes, abondent. L'ancien chanteur d'occasion, reconverti en richissime exportateur de mangues, n'a-t-il pas décidé en septembre, deux mois après son élection à la prés

Dans la même rubrique