Miami, correspondance
La Maison Blanche a autorisé hier soir dix entreprises de presse ou organismes culturels américains à ouvrir des bureaux à La Havane. Les bénéficiaires de cette dérogation à l'embargo qui frappe Cuba depuis trente-six ans sont les chaînes de télévision CNN, CBS et ABC, les agences Associated Press et Dow Jones, les quotidiens The Miami Herald, The Chicago Tribune et The Chicago Sun Times, l'Ecole des études internationales avancées de la Johns Hopkins University, et le réseau de télévision en langue espagnole Univision, basé à Los Angeles.
Bill Clinton avait justifié cette hypothétique décision dès octobre, par la nécessité de développer des liens directs entre les Etats-Unis et le peuple cubain. Dans la lutte de Washington pour venir à bout du régime de Castro, de tels contacts sont censés propager les valeurs démocratiques auprès d'une population toujours soumise au Lider maximo. Ils doivent constituer le versant positif de la loi Helms-Burton, qui avait durci l'an dernier les règles de l'embargo.
L'autorisation accordée à plusieurs médias américains de s'installer à Cuba offre aussi une issue habile à l'embarrassante situation que posait CNN. La chaîne d'information avait, en effet, directement obtenu de Fidel Castro, en novembre, le feu vert cubain pour implanter un bureau permanent à La Havane, et avait alors sollicité auprès du département d'Etat une dérogation à l'embargo. Washington avait différé jusqu'à présent sa réponse. La démarche de CNN avait




