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La drogue dans tous les rouages de l'Etat mexicain. Après la mise en cause de l'ex-président Salinas, le responsable de la lutte antistupéfiants est destitué.

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Publié le 20/02/1997 à 16h41

Miami, correspondance

En moins de soixante-douze heures, les Mexicains ont découvert que les trafiquants de drogue s'étaient offert les services d'un chef de l'Etat en exercice et du général en charge de la lutte antistupéfiants, Jesus Gutierrez Rebollo. Le dernier scandale en date a éclaté mardi soir quand le ministre de la Défense, le général Enrique Cervantes Aguirre, a annoncé le limogeage pour corruption de l'officier qu'il avait lui-même nommé en décembre pour faire rendre gorge aux cartels. Dimanche dernier, c'est l'ancien président Carlos Salinas que la presse a impliqué en l'accusant d'avoir été en relation directe avec le chef du «cartel du Golfe», Juan Garcia Abrego, qui purge une peine de prison à vie aux Etats-Unis.

«C'est très pénible pour moi», a confessé mardi le ministre Cervantes en révélant la chute de son ami et protégé. Le président Ernesto Zedillo a parlé pour sa part de «dissimulation, tromperie et trahison». Le général Gutierrez est actuellement sous surveillance dans un hôpital militaire où il se relève d'une crise cardiaque qui l'a frappé au moment de son interpellation, le 7 février. Une trentaine d'officiers et juristes de l'Institut national de lutte contre les drogues (INCD) ont été également appréhendés. On leur reproche d'avoir reçu argent et faveurs d'Amado Carrillo Fuentes, l'un des plus notoires barons mexicains de la drogue en activité. Gutierrez a attiré l'attention en emménageant au début du mois dans un luxueux appartement de Mexico, prop

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