Les dernières volontés de Deng Xiaoping ont surpris beaucoup de
Chinois. Sa décision de donner ses organes à la science, de faire don de ses cornées, de se faire incinérer et enfin d'avoir ses cendres dispersées en mer ne correspond ni à la tradition chinoise ni aux us communistes.
Embaumement et mausolées. Mao, le prédécesseur de Deng Xiaoping, a fini dans un sarcophage de verre. Pour la célèbre momie, un mausolée a été érigé au beau milieu de la place Tian Anmen, devant la porte de l'ancienne cité impériale. La nécropole, bâtie à l'aide de matériaux provenant de toutes les provinces chinoises, dégage l'atmosphère froide et surannée des architectures kitch-staliniennes. A la fois monument, palais et lieu de culte, le mausolée perpétue dans la pierre le travers intentionnel de la propagande maoïste, qui donnait aux slogans politiques une forme volontairement liturgique. La tradition purement communiste de l'embaumement a produit d'autres privilégiés: Staline (désembaumé et enterré à la fin des années 50), l'ancien leader mongol Choybalsan, Hô Chi Minh au Viêt-nam et plus récemment (en 1994) Kim Il-Sung, dont les mânes reposent dans un cercueil de verre, copie conforme de celui de Mao, sous les cimaises grandiloquentes du palais Kumsuman, au centre de Pyongyang. Mao a eu beau préciser, comme Lénine, qu'il ne souhaitait pas finir figé à l'horizontale, ses successeurs en ont décidé autrement. Continuité rimait trop avec légitimité.
Comme le précisait, il y a quelques années,




