Des révoltes antichinoises ont éclaté au Turkestan chinois
(Xinjiang) en 1954, 1958 et 1962. Depuis, on croyait cette région, où passait la célèbre «route de la soie», plus apaisée. L'ouverture du Xinjiang vers l'extérieur, puis l'émancipation des républiques d'Asie centrale voisines, s'est accompagnée d'un réveil de l'irrédentisme ouïghour. Une révolte armée a éclaté, en avril 1990, près de Kashgar (60 morts), et, depuis un an, le Xinjiang est le théâtre d'actions terroristes. Michel Jan, coauteur du Milieu des empires, analyse la crise.
Le pouvoir chinois ne va-t-il pas réagir de manière impitoyable à ces derniers attentats dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, qui semblent être le symptôme d'une montée en puissance du séparatisme?
Depuis un an, à la suite d'autres incidents, le gouvernement chinois affirme sa détermination et on peut le croire. C'est dans la nature de ce pouvoir centralisé de ne pas admettre la moindre faiblesse. Surtout depuis que la découverte de nouvelles réserves de pétrole au Xinjiang a confirmé l'importance stratégique de cette région.
Le mouvement séparatiste du Xinjiang est-il propre aux Ouïghours?
Essentiellement oui, car les Ouïghours sont l'ethnie la plus nombreuse. Contrairement aux autres peuples du Xinjiang, qui peuvent s'identifier aux républiques d'Asie centrale que sont le Kazakhstan, l'Ouzbékistan ou le Kirghizistan, l'identité ouïghoure, elle, est dans ce qu'ils voudraient appeler le Ouïghouristan, c'est-à-dire le Xinjiang actuel.




