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Libération

La Suisse paiera pour l'Holocauste. Une fondation de solidarité est créée qui s'adresse aussi aux victimes d'injustices.

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Publié le 06/03/1997 à 23h44

Genève de notre correspondant

Ce fut à la fois la surprise et la déception. Chacun attendait que le président de la Confédération suisse, Arnold Koller, prononce un discours historique pour clore enfin la polémique sur les fonds juifs qui cristallise les passions depuis des mois. Arnold Koller avait décidé de s'adresser aux deux Chambres réunies et, à travers elles, à toute la nation. Une procédure exceptionnelle utilisée dans les moments dramatiques.

Ce fut donc la surprise générale lorsque Koller annonça la création «d'une fondation suisse de solidarité», dotée de 7 milliards de francs suisses (28 milliards de francs). Jusque-là en effet, le Conseil fédéral avait toujours affirmé qu'il attendrait les conclusions de deux commissions d'enquête en cours avant de prendre une quelconque décision. Financé par le rendement d'une partie des avoirs en or de la Banque nationale suisse, l'argent sera destiné pour moitié aux survivants de l'Holocauste, mais aussi aux victimes de la pauvreté, des catastrophes, de génocides et d'autres violations des droits de l'homme. L'autre moitié sera destinée à soulager les cas de grave détresse humaine en Suisse.

Mais le discours d'Arnold Koller fut aussi décevant, car cet homme, connu pour sa prudence légendaire, n'a pas voulu procéder à un réel examen de conscience du passé de la Suisse. Ça et là, il a trouvé les mots justes: «Par manque de courage, des personnes qui étaient à nos frontières dans la plus grande détresse ont été envoyés à une mort

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