Les enseignes des restaurants, le nom de certains immeubles (le Versailles, le Normandie) et la grande exposition Claude Monet qui ouvre ses portes demain à Rio de Janeiro en attestent, la «touche» française reste de bon ton au Brésil. Mais l’ignorance de la réalité française contemporaine est tout aussi évidente. Sur dix personnes interrogées au hasard, aucune n’était informée de la visite de Jacques Chirac, à peine deux connaissaient son nom, une seule a pu nous préciser sa fonction. Le prestige hexagonal est en chute libre et ce qui est vrai au Brésil peut se constater dans les autres pays de l’Amérique latine.
La tournée de Jacques Chirac au Brésil, en Argentine, en Bolivie, au Paraguay et en Uruguay a pour objectif de renverser cette tendance. Le choix des pays visités dénote le registre résolument économique du voyage: les cinq constituent le plus dynamique des blocs commerciaux du continent sud-américain, le Mercosur (Marché commun du Sud, auquel est associé le Chili). Un ensemble de 218 millions d’habitants, qui représente les deux tiers du produit intérieur brut de l’Amérique du Sud, et compte plus de consommateurs à hauts revenus que tous les Etats d’Europe centrale et orientale réunis. O Globo, le plus grand tirage de la presse brésilienne, parle «d’offensive diplomatique économique». Chirac, écrit-il, «veut présenter une nouvelle version de la France, au-delà du champagne et des parfums, pour donner l’image d’un pays à haute technologie, capable de concurrencer au




